Réalisation collective et anonyme des habitants de la Joliette (Marseille) 2007-2013
Technique : 16 mm couleur
et magnétophone Nagra Durée : en cours Format diffusion : 16mm double bande (avant finition) Pellicule : Kodak
Laboratoires : Color By Dejonghe Avec le soutien de : CUCS, DRAC Provence Alpes Côte-d'Azur
Accompagnement artistique : Collectif Film flamme
Script (extraits)
Monsieur Kaya:
"Mon épicerie c'est un commerce
de proximité, où tous les gens sont
content de notre présence, où tout se
passe comme il faut.
La cohabitation se passe très
bien avec nos bons voisinages, des Roumains, des gitans
d'origine roumaine qui sont installés dans le
squatt de la rue Vincent Leblanc.
Ils ne sont pas comme
les gens le pensent : des voleurs. Ils ne sont pas du
tout de ce côté-là.
Leur vie c'est fouiller
les poubelles, ramasser tout ce qui est en bon état
et le revendre Porte d'Aix. Le soir ils font leurs achats
ici, c'est un apport important en chiffre d'affaire.
L'inconvénient c'est que le quartier ne vit pas
encore, c'est un peu vide... D'ici un à deux ans
quand tout sera construit, sera rebatit, nous ésperons
pouvoir faire de bons chiffres d'affaire."
Le voisin qui chasse le rat :
"Les rats que nous avons à Marseille
sont hémophiles, les produits qu'on leur a
donné ont rendu leur sang d'une fluidité
fantastique. En plus il y a la consanguinité
parce qu'ils travaillent en circuit fermé. Avec la moindre plaie, ils se vident litéralement
de tout le sang et ils se désèchent".
Galerie photo
Journal de bord
Caroline (cinéaste):
Avec Mohamed, je parcours le
quartier, il fait le tour, parle avec les restaurateurs,
les gens qui s'occupent de la voie publique, les agents
de nettoyages... On est dans le mouvement. C'est
un ancien combattant de l'armée française,
il vivait à l'accueil de nuit, et dans la journée
vivait par des échanges de services, il connaît
tout le monde, même les nouveaux arrivants! Maintenant qu'il est logé à l'Estaque
il revient quand même tous les jours en bus
pour parler aux gens, dans ce triangle: Porte d'Aix,
la Joliette, Republique. Il vivait dans le quartier
depuis très longtemps, alors il filme les anciens…"
Francoise (retraitée, habitante du Massabo) :
Il s'est établi un lien entre Lisa ma
petite fille, et Kiyé, après qu'elle ait vu Kiyé
jouer dans un film. Elle n'en revenait pas de le voir
"en vrai"! Pendant le débat ils ont
commencé à parler…Elle était
frappée par son chapeau.
Ils ont écouté
le silence, avec le casque du magnéto, et il
lui a demandé: "Est ce que c'est vraiment
le silence?" Elle était attentive, puis
elle s'est lâchée! Elle raconte! Elle raconte des petites choses, une
promenade, le chemin qui longe la rivière,
et toutes les choses qu'elle a vues et entendues…
C'est joli. Au montage elle était émue
d'entendre sa voix."
Manuele (cinéaste) :
Au départ, Emmanuelle voulait filmer
de sa fenêtre le terrain vague devant chez elle.
Elle passe du temps à regarder ce terrain,
et les gens qui y pénètrent, les chiens,
les graffeurs… Mais depuis cette idée
on a beaucoup changé, avec la rencontre du voisin qui chasse les rats. On est allé
lui parler, puis on est allé au pied de la grande
tour. Là on a rencontré un polonais qui habite
une minuscule maison, de deux mètres sur deux,
il est obligé de partir, la ville l'a relogé
dans une sorte de village à Belle de Mai, un
village de cabanes en bois. Comme Emmanuelle a une
formation d'architecte, tout cela l'interesse, on
va aller filmer samedi dans le village en bois.
Sur les Ateliers Cinéma
Dans la collection cinéma hors capital(e), le livre consacré au film Flacky et camarades
évoque l'histoire des Ateliers Cinéma grand public et la transmission
du cinéma dans le cadre de l'éducation populaire (L'Atelier des corons,
initié par Pierre Gurgand).
Un ouvrage publié grâce à un partenariat avec les éditions Commune.